Ce texte parle de violences faites aux femmes. Si ce n’est pas le moment pour toi, les trois numéros utiles sont juste en dessous, et tu peux t’arrêter là.
3919, Violences Femmes Info, gratuit et anonyme, 24h/24 et 7j/7.
114, par SMS, quand parler à voix haute n’est pas possible.
17, police secours, en cas de danger immédiat.
On connaît tous·tes une femme qui a minimisé. Coche celles que tu reconnais.
Relis les cases cochées. Tu as reconnu quelqu’une. Et il y a de bonnes chances que tu te sois reconnue toi.
Les numéros, en détail cette fois
Tu les as déjà vus tout en haut, en version courte. Voici à quoi chacun sert vraiment, parce que les confondre peut coûter du temps.
Le 3919, « Violences Femmes Info ». Il est gratuit depuis un fixe ou un mobile, en métropole et dans les DOM, anonyme, ouvert 24h/24 et 7j/7, et il ne figure pas sur les factures de téléphone détaillées. Au bout du fil, des écoutantes professionnelles de la Fédération Nationale Solidarité Femmes. Précision qui compte vraiment : ce n’est pas un numéro d’urgence. Il n’envoie personne chez toi, ce n’est ni la police ni la gendarmerie. C’est une ligne d’écoute, d’information et d’orientation, ouverte aussi aux témoins.
Le 114, par SMS. Autre précision qui évite un malentendu dangereux : le 114 n’est pas une ligne dédiée aux violences conjugales. C’est le numéro d’urgence national accessible sans parler, créé pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques ou dysphasiques, joignable par SMS, tchat et visio, gratuit et disponible en permanence. C’est exactement pour ça qu’il compte ici : il est conçu pour les gens qui ne peuvent pas s’exprimer à voix haute sans se mettre en danger. Quelqu’un est dans la pièce, tu ne peux pas décrocher et parler ? Tu écris.
Le 17, police secours. Danger immédiat, maintenant, en cours. Si tu peux appeler, c’est celui-là.
Et puisque cette journée concerne les violences faites aux femmes, aux enfants et aux minorités de genre : personne ne devrait avoir à traverser ça seul·e.
Le faux copain, ce réflexe que personne ne nous a jamais appris
Dans la liste du haut, la ligne qui fait le plus hocher la tête, c’est celle-là. Inventer un faux copain juste pour avoir la paix.
Personne ne nous a appris ça. On l’a compris toutes seules, le jour où un « non » n’a pas suffi alors qu’un « je suis prise » passait sans discuter. Le refus d’une femme ne pèse pas grand-chose. Il lui faut l’autorité supposée d’un autre homme pour devenir recevable.
Même chose pour le reste. Changer de trottoir. Rire à la vanne pour désamorcer. Envoyer un « bien rentrée » à une copine. On range ça dans la case caractère, on se dit qu’on est un peu parano. Ce sont des stratégies d’évitement, tellement partagées qu’elles en deviennent invisibles.
Et elles ne vivent pas dans un monde séparé de celui des violences les plus graves : c’est le même fil.
Ce n’est pas une manie personnelle.
Pourquoi le 25 novembre, et pas un autre jour
La date n’a pas été tirée au hasard d’un calendrier.
Le 25 novembre 1960, en République dominicaine, trois sœurs rentrent de Puerto Plata en jeep. Patria, Minerva et María Teresa Mirabal, opposantes à la dictature de Rafael Trujillo. Leur véhicule est arrêté sur la route, elles sont emmenées à l’écart et assassinées. Le régime maquille la scène en accident de la circulation. Trujillo tombera moins d’un an plus tard.
Vingt ans après, des militantes féministes latino-américaines reprennent cette date pour en faire une journée de lutte. Il faudra attendre la toute fin des années 1990 pour que l’Assemblée générale des Nations unies l’officialise avec sa résolution 54/134, sous son nom complet : Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Et le 25 novembre n’est pas un point final : il ouvre les 16 jours d’activisme, qui courent jusqu’au 10 décembre, journée des droits humains.
« Elle n’a qu’à parler »
Elle part souvent d’une bonne intention, et elle tombe toujours au mauvais endroit.
Parler n’est pas un bouton sur lequel on appuie. Les données compilées par les Nations unies sont sans appel, et la grande majorité de celles qui cherchent de l’aide se tournent d’abord vers une sœur, une amie, une collègue, pas vers la police.
La raison est rarement dite : parler coûte. Ça expose au doute, aux questions sur ce qu’on portait, à l’entourage qui se divise, parfois aux représailles. La violence, puis la sanction sociale d’en avoir parlé. Une double peine.
Alors non, aucune injonction ici. Ni à porter plainte, ni à partir, ni à raconter — même la question de qui a le droit de défendre qui devant la justice ne se tranche pas en une phrase. Tu connais ta situation mieux que n’importe quel article. Les numéros sont là quand tu décides, toi, que c’est le moment.
On vous voit, on vous croit.
La rédac des Martines
Si c’est une copine qui te parle
Le rôle le plus utile n’est pas le plus héroïque. La croire, tout de suite, sans enquêter, sans demander de preuve. Ne pas décider à sa place. Ne pas disparaître si elle reste ou si elle y retourne, parce que c’est exactement là que l’isolement fait le plus de dégâts.
À garder en tête : le 3919 écoute aussi les proches. Tu peux appeler pour savoir quoi dire et vers qui l’orienter, sans jamais parler à sa place.
Le 25 novembre et tous les autres jours
Une journée internationale ne protège personne toute seule. Ce qui protège, c’est ce qui reste le 26 novembre et le 3 février : des numéros connus par cœur, des copines qui croient sur parole, des endroits où raconter ne coûte pas plus cher que se taire.
On pense à toutes celles qui ont dû minimiser. Se protéger. Se taire. S’adapter. Survivre. Et à tout ce qu’elles ont continué à faire malgré ça.
Si tu ne fais qu’une seule chose après avoir lu ça : enregistre ces trois numéros dans ton téléphone, et envoie-les à une copine.
3919, écoute, information et orientation. Gratuit, anonyme, 24h/24 et 7j/7.
114, par SMS, quand parler à voix haute n’est pas possible.
17, en cas de danger immédiat.
Être crue, c’est le point de départ de tout le reste. C’est exactement ce qu’on a voulu construire avec Les Martines, un réseau social entre femmes pensé comme une safe place : une communauté de femmes pour échanger et s’entraider, où on peut poser un truc lourd sans se justifier. Ça ne remplace ni le 3919, ni une association, ni un accompagnement professionnel. C’est autre chose, et ça manque aussi : des meufs qui te croient.
Envie d’être entourée de femmes qui écoutent vraiment, de te faire des copines à qui tu peux tout dire, tard le soir comme un mardi après-midi ? Rejoins Les Martines, le réseau social où les meufs prennent toute la place. 💜




