Y a une espèce qui pratique la sororité mieux que nous. Sans groupe WhatsApp, sans capture d’écran transférée à trois copines, sans un seul mot échangé.
( accroche-toi, ça va piquer )
Et pourtant, elle a monté un fichier des relous que même nous, on n’a pas.
La bromance toxique
Direction Shark Bay, en Australie-Occidentale. C’est là que vivent les grands dauphins de l’Indo-Pacifique (Tursiops aduncus), et là que les biologistes observent depuis des décennies un comportement au nom très élégant pour un truc très moche : le consortship.
Traduction 2026 : des mâles s’allient en gang, encerclent une femelle et restreignent ses déplacements. Ça dure de quelques heures à plusieurs semaines. Au programme, charger, mordre, la coller.
Littéralement une chasse en équipe, mais pour un date.
Un groupe de grands dauphins de l’Indo-Pacifique (Tursiops aduncus), l’espèce étudiée, photographié au large de Geyser Rock, près de Gansbaai, en Afrique du Sud, le 13 octobre 2016.
Sauf que tous les mâles ne se comportent pas pareil. Certains passent leur vie à harceler, d’autres beaucoup moins. Et ça, visiblement, ça se sait.
WANTED : un sifflement unique, comme un nom de code
Chaque dauphin possède un sifflement signature, une vocalisation qu’il se fabrique jeune et qu’il garde toute sa vie. Les autres la reconnaissent, l’imitent, s’en servent pour s’appeler. L’équivalent d’un prénom, sous l’eau.
Donc quand un mâle approche, il annonce son nom lui-même. Grosse erreur, frérot.
En juin 2026, la biologiste Alice Bouchard, qui a mené cette recherche à l’université de Bristol avec l’équipe de Stephanie King, a publié dans la revue PNAS une étude qui teste exactement ça. Le protocole est beau de simplicité : 34 sifflements signature enregistrés auprès de 11 mâles, rediffusés sous l’eau à 17 femelles via un haut-parleur, pendant qu’un drone filmait leurs réactions d’en haut.
Onze mâles fichés. Trente-quatre sifflements. Zéro réunion.
La rédac des Martines
Brigade anti-relous
Résultat ? Les femelles en capacité de tomber enceintes s’éloignaient nettement plus, et restaient loin plus longtemps, dès qu’elles entendaient le nom d’un mâle connu pour coincer les femelles souvent. Celles qui allaitaient ou qui étaient plus âgées réagissaient beaucoup moins : pas de consortship à craindre dans l’immédiat.
Elles le retiennent, elles le fichent mentalement, elles ghostent direct.
Cheh !
“Oui mais elles se souviennent juste de leur propre agresseur”
C’est l’objection évidente. Et c’est exactement là que l’étude devient folle.
La réaction d’une femelle n’est pas le mieux expliquée par ce que ce mâle lui a fait, à elle. Elle est mieux prédite par le taux de coercition de ce mâle envers l’ensemble des femelles du groupe. Son casier collectif pèse plus lourd que l’historique perso.
Juste sa mauvaise réputation qui a fait le taff.
L’enquête bouclée
Un dauphin dans les eaux peu profondes de Monkey Mia, sur la côte de Shark Bay, en Australie-Occidentale, en octobre 2010. C’est dans cette baie que l’étude a été menée.
Les dauphins vivent en groupes qui se font, se défont et se recomposent en permanence. Une femelle peut donc croiser le même mâle en train d’en agresser d’autres, encore et encore, sur plusieurs mois, sans jamais le calculer.
Elle observe. Elle retient. Et c’est ciaooo le dauphin toxique !
Nous sachons !
Par quel canal l’info circule exactement d’une femelle à l’autre, en revanche ? Personne n’en sait rien. L’étude ne démontre aucun commérage sous-marin, aucune transmission active : l’hypothèse la plus sobre, c’est qu’elles apprennent en regardant les autres se faire coincer. Déjà vertigineux.
Précision au passage, parce que la confusion traîne partout : Laela Sayigh, la chercheuse de Woods Hole citée dans la moitié des articles, n’a pas signé cette étude. Elle en signe le commentaire scientifique publié à côté. On se sait.
Girls girls comme jamais
On nous répète que la solidarité entre meufs serait un truc fragile, une lubie récente de féministes en colère. Sauf que des cétacés la pratiquent sans vocabulaire, sans théorie et sans hashtag, depuis bien plus longtemps que nous. Nous, on a juste mis des mots dessus, et des noms sur les trahisons quand elle craque.
La prochaine fois qu’on te sort que la sororité est une invention militante, réponds juste : en juin 2026, PNAS a publié une étude montrant que des femelles dauphins évitent un mâle en fonction de sa réputation de violence envers TOUTES les autres, pas seulement envers elles. ( Popcorn prêt 🍿 on attend sa réponse )
Même sans un mot, elles se protègent entre elles
Nous, on a juste ajouté les mots. Et c’est déjà une sacrée arme. C’est exactement pour ça qu’existe Les Martines : une communauté de femmes où l’info circule vraiment, où on se prévient, où on raconte ce qu’on a vu sans avoir à prouver qu’on l’a vécu. Un radar à red flags collectif, mais avec la parole en plus.
Envie de rencontrer d’autres meufs, de te faire des amies pour de vrai et de papoter dating, boulot, corps ou dauphins toxiques sans filtre ? Rejoins Les Martines, le réseau social où les meufs se préviennent, se protègent et prennent toute la place.




