Y’a des films que t’oublies avant d’avoir fini le parking, et des films qui te suivent dans le métro, dans ton lit, et jusqu’au brunch du dimanche où tu forces trois copines à les regarder. Les films, c’est pas que du cinéma : certains nous marquent un long moment après que l’écran s’éteint.

On en a neuf dans notre pot de popcorn. Huit font l’unanimité à la rédac. Le neuvième a provoqué une vraie engueulade, et on te dit plus bas lequel. 1, 2, 3 ACTION 🍿

👑 Barbie, une comédie brillante déguisée en poupée

Elle vit au pays des paillettes, et puis un bug existentiel l’expulse dans le monde réel. Greta Gerwig réalise en 2023, scénario coécrit avec Noah Baumbach, et Margot Robbie en poupée qui découvre la cellulite, la mort et les mecs qui t’expliquent Le Parrain.

C’est rose, c’est drôle, et ça tape là où ça fait mal (coucou le patriarcat). Une comédie brillante déguisée en poupée : tu entres pour les tenues, tu ressors avec une analyse de genre gratuite.

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🐦 Lady Bird, un nom chelou et des rêves XXL

Toujours Gerwig, en solo cette fois, sorti en France le 28 février 2018. Saoirse Ronan joue une ado rebelle avec un nom chelou, des rêves XXL, et une mère en mode duel constant.

Entre crises existentielles, amour foireux et robes moches pour le bal, c’est un cocktail hilarant et touchant sur le chaos de l’ado. Cinq nominations aux Oscars en 2018, dont meilleure réalisatrice pour Gerwig, et zéro statuette. Elle n’était alors que la cinquième femme nommée à la réalisation dans l’histoire des Oscars.

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🌻 Tomboy, jeux, secrets et premières amitiés

Céline Sciamma, sorti en France le 20 avril 2011. Une fille de dix ans débarque dans un nouveau quartier et se présente aux autres enfants comme un garçon. C’est tout. C’est immense.

Jeux, secrets et premières amitiés, le tout avec une grosse dose de tendresse et de questions d’identité. Zoé Héran, qui n’avait jamais tourné, porte tout le film sur son visage. Pas de leçon, pas de morale, juste un été qui te reste collé quinze ans après.

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✨ All We Imagine as Light, une pincée de “WTF”

Trois femmes à Mumbai, un mari fantôme, un proprio relou, un inconnu chelou… et voilà, la magie débarque. C’est du drama avec une pincée de “WTF” et beaucoup de girl power.

Payal Kapadia a décroché avec ce film le Grand Prix du Festival de Cannes 2024, le deuxième prix du palmarès, et c’était le premier film indien en compétition officielle depuis trente ans. Sortie française en octobre 2024, titre gardé en anglais.

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🎨 Frida, une explosion de couleurs, de douleur et de tequila

Peintures, passion et panique amoureuse. Frida Kahlo traverse la vie avec des sourcils iconiques, un cœur en feu, et un Diego Rivera souvent dans le pétrin. Réalisé par Julie Taymor en 2002, sorti en France en avril 2003, avec Salma Hayek qui a bataillé des années pour le monter.

Deux Oscars remportés sur six nominations en 2003 (maquillages et musique). Salma Hayek, elle, était nommée meilleure actrice et n’a rien gagné. Une explosion de couleurs, de douleur et de tequila, et une statuette qui manque toujours à l’appel.

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⚡️ Pauvres Créatures, Frankenstein sous acide

Une femme ressuscitée, un cerveau neuf et zéro filtre. Elle explore le monde, bouscule les normes et ridiculise les mecs lourds avec une candeur qui fait très mal.

Yórgos Lánthimos adapte le roman d’Alasdair Gray, décroche le Lion d’or à Venise en 2023, et offre à Emma Stone l’Oscar de la meilleure actrice en mars 2024. Sortie française en janvier 2024. C’est drôle, bizarre et brillant, comme Frankenstein sous acide.

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🚀 Les Figures de l’ombre, calculer plus vite que la NASA

Trois femmes noires qui calculent plus vite que la NASA mais doivent aussi esquiver le racisme, et les toilettes réservées, et les cafetières réservées. Fusées, maths et gros clins d’œil féministes.

Le film de Theodore Melfi date de 2016 et est sorti en France le 8 mars 2017, journée internationale des droits des femmes. Pas franchement un hasard de calendrier. Derrière les personnages, trois femmes réelles : Katherine Johnson (Taraji P. Henson), Dorothy Vaughan (Octavia Spencer), première superviseure noire de l’agence, et Mary Jackson (Janelle Monáe), première femme ingénieure afro-américaine de la NASA.

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🍽️ La Couleur des sentiments, scandales, éclats de rire et casseroles qui volent

Voilà le fameux neuvième. Dans les années 60 à Jackson, Mississippi, une future écrivaine blanche balance les secrets des ménages bourgeois racontés par leurs domestiques noires. Résultat : scandales, éclats de rire et casseroles qui volent. Tate Taylor réalise, d’après le roman de Kathryn Stockett, sortie française en octobre 2011. Octavia Spencer décroche l’Oscar du second rôle en 2012, Viola Davis repart nommée et bredouille.

Et maintenant l’aparté qu’on te devait. Dès la sortie, l’Association of Black Women Historians publie une lettre ouverte : le film distord, ignore et banalise l’expérience réelle des domestiques noires, réduit le racisme à des méchancetés entre jolies bourgeoises, et efface le harcèlement sexuel subi par ces femmes chez leurs employeurs. Le reproche a un nom : le white savior, l’histoire de femmes noires racontée à travers le regard d’une héroïne blanche qui les sauve. Et devine quoi : c’est aussi le seul film de cette sélection réalisé par un homme blanc.

Neuf ans plus tard, Viola Davis elle-même l’a dit.

“Il y a une partie de moi qui a l’impression de m’être trahie, et d’avoir trahi les miens, parce que j’étais dans un film qui n’était pas prêt à dire toute la vérité.”

Viola Davis, Vanity Fair, 2020

On le garde quand même, parce que le jeu de Viola Davis reste une claque. Mais on te le tend avec le mode d’emploi : regarde-le, puis va lire ce que les historiennes noires en ont écrit. Ça fait deux fois plus de réflexion pour le même ticket.

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✊ Les Suffragettes, poings levés, corsets brisés, et patriarcat en PLS

Des femmes qui cassent des vitrines et des codes pour obtenir le droit de vote. Londres, 1912. Sarah Gavron réalise, Abi Morgan écrit, Carey Mulligan porte le film, et Meryl Streep passe trois minutes à l’écran en Emmeline Pankhurst, le temps de te donner des frissons.

Poings levés, corsets brisés, et patriarcat en PLS. Girl power historique en mode badass, et un rappel utile : le droit de vote, personne ne nous l’a offert par galanterie.

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💬 Les deux bonus que vous nous avez soufflés en commentaire

Quand on a publié cette sélection, vous êtes arrivées en commentaire avec vos propres claques. Elles méritent leur place.

Promising Young Woman, d’Emerald Fennell, 2020, sorti en France en mai 2021 sous son titre anglais. Un premier long métrage qui lui a valu l’Oscar du meilleur scénario original en 2021, et qui transforme la vengeance en horreur sociale très polie.

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Thelma et Louise, de Ridley Scott, 1991, écrit par Callie Khouri, elle aussi oscarisée pour son scénario en 1992. Deux copines, une décapotable, et la scène finale la plus commentée du cinéma américain.

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Ta prochaine soirée film est déjà écrite

Un bon film féministe, ça ne se regarde pas en silence. Ça se débriefe à 1h du matin, ça se recommande, ça se conteste, ça se re-regarde à trois sur un canapé trop petit. C’est exactement pour ça qu’existe la partie journal de Les Martines : toutes les recommandations des meufs y sont rangées au même endroit, et personne ne t’y explique que Barbie, c’était juste un film rose.

Envie de trouver avec qui regarder tout ça, de lancer une soirée film entre copines ou juste de te faire des amies qui connaissent la différence entre un Lion d’or et une Palme d’or ? Rejoins Les Martines, le réseau social entre femmes où on se rencontre, on papote et on prend toute la place 💜