Il y a un truc que tu ne liras nulle part sur une notice de médicament ni dans un cours de SVT digne de ce nom. Un organe, dans ton corps, fait un exploit qu’aucun autre organe humain ne réalise. Pas ton foie. Pas ta peau. Lui.
Et devine quoi. Non seulement personne ne t’en a parlé, mais en plus, personne (ou presque) ne l’a vraiment étudié.
Le petit muscle qui n’a peur de rien
Chaque mois, la paroi de ton utérus part de presque rien. 1 à 2 mm, l’épaisseur d’une pièce de monnaie. Et en à peine 48 heures, elle remonte à 14 mm, l’épaisseur d’un stylo.
Source : Wikimedia Commons, traduction française par Fraise (domaine public)
Sans la moindre cicatrice. À chaque fois. Depuis ta toute première règle.
Fais le test : essaie de faire ça à ta peau. Une coupure qui se referme, se reconstruit entièrement, sans laisser la moindre trace, en deux jours. Ça n’existera jamais. Ta peau garde tout. L’endomètre, lui, efface tout et recommence.
Sur toute une vie, ce cycle se répète environ 400 fois entre la puberté et la ménopause. Une capacité de régénération sans équivalent chez l’espèce humaine, confirmée par la recherche en biologie de la reproduction.
Une exception biologique. Presque jamais étudiée.
Alors un organe pareil, ça doit être hyper étudié, non ? Une prouesse pareille, financée à fond, disséquée sous toutes les coutures, star des laboratoires ?
Pas du touuuuut.
La maladie qui attaque le plus cet organe, l’endométriose, reste l’une des grandes oubliées de la recherche médicale. Aux États-Unis, elle touche un nombre de femmes comparable au diabète. Résultat : le NIH (l’agence fédérale de recherche en santé) lui consacre des dizaines de millions de dollars par an, contre plus d’un milliard pour le diabète. Un écart massif, pour deux maladies tout aussi répandues l’une que l’autre.
Et ça ne doit strictement rien au hasard.
Pourquoi la recherche s’en tamponne le coquillard
Il a fallu attendre 1993 pour que les autorités sanitaires américaines rendent obligatoire, par une loi fédérale (le NIH Revitalization Act), l’inclusion des femmes dans les essais cliniques financés par l’État. 1993. Le Minitel existait encore.
Avant ça ? La médecine se construisait très largement sur des corps d’hommes. Doses, symptômes types, protocoles : pensés par défaut pour un corps masculin, puis appliqués tel quel aux femmes. La chercheuse Caroline Criado Perez l’a documenté noir sur blanc dans son livre Invisible Women : nos sociétés, y compris scientifiques, ont longtemps pris le corps masculin comme référence universelle.
Et en France, on n’a pas vraiment de leçon à donner. Il a fallu attendre un arrêté ministériel du 10 septembre 2020 pour que l’endométriose entre enfin, officiellement, au programme des études de médecine. Pas en 1993. Pas en 2010. En 2020.
Ton corps, lui, a toujours fait sa part du travail. Il se régénère, se répare, tient bon, 400 fois sans broncher. C’est la recherche qui n’a jamais fait la sienne.
Et ce n’est pas un oubli. C’est un choix.
Le prix que tu paies, toi, en attendant
Pendant que la recherche traîne des pieds, quelqu’un continue de payer la note. Toi.
En France, il s’écoule en moyenne 7 ans entre les premières douleurs et un vrai diagnostic d’endométriose. Sept ans de “c’est normal d’avoir mal pendant tes règles”. Sept ans de “prends un doliprane et arrête de te plaindre”. Sept ans à te demander si le problème, ce ne serait pas plutôt toi, ta tolérance à la douleur, ton “petit bassin fragile”.
Sept ans, pour une maladie qui touche tout de même 1 femme en âge de procréer sur 10.
Sept ans à douter de son propre corps, pour une douleur bien réelle. Ça devrait s’appeler de la maltraitance médicale, pas un simple “délai diagnostique”.
Les Neuroconnus
Alors non, ce retard n’est pas un détail administratif. C’est la conséquence directe et logique de tout ce qui précède : une maladie mal financée, mal enseignée en fac de médecine, et donc mal reconnue au moment où tu es en face d’un médecin, en larmes, en train de raconter pour la dixième fois la même douleur.
“La recherche, c’est neutre”
Envoie cet article à la personne qui pense ça.
La prochaine fois qu’on te sort que la médecine est objective et déconnectée de tout biais, réponds juste : des dizaines de millions de dollars, contre plus d’un milliard, pour deux maladies aussi répandues l’une que l’autre. ( Popcorn prêt 🍿 on attend sa réponse )
Et maintenant ?
Voilà le truc. Ton corps n’a jamais eu besoin d’être justifié. Il fait déjà, en silence, l’un des trucs les plus dingues de tout le vivant. À la science de se réveiller. À toi, en attendant, de ne plus laisser dire que tes douleurs, ton cycle, tes symptômes sont “dans ta tête” juste parce que personne n’a pris la peine de les étudier sérieusement.
C’est exactement pour ça qu’existent Les Martines : un endroit où on compare ses vraies douleurs de règles avec d’autres meufs, où on partage ce qui a marché contre l’endométriose, où personne ne te demande de justifier ton corps avant de te croire.
Envie de papoter santé, corps, endométriose ou n’importe quoi d’autre avec des meufs qui te comprennent direct ? Rejoins Les Martines, le club des meufs qui prennent toute la place.




