Le sport féminin, ça n’intéresse personne. Tu l’as sûrement déjà entendue, cette phrase. Balancée l’air de rien, comme une évidence.
Vrai ou gros mytho ? Let’s go vérifier ça.
40% de pratiquantes, et après ?
Commençons par la base. En France, 40% des personnes qui font du sport sont des femmes. Presque une sportive sur deux. Pas un phénomène de niche, pas une exception : quasiment la moitié des gens qui bougent sur un terrain, une piste ou un tatami.
Alors si presque une personne sur deux qui pratique est une femme, la couverture médiatique et les investissements devraient suivre, non ?
Le grand écart
Pas du tout.
4%. C’est la part du gâteau médiatique sportif que récupère le sport féminin. Sur 100 minutes de sport à la télé, 4 parlent de femmes.
Match international féminin Suisse-France du 29 octobre 2024 à Genève.
Et côté argent, c’est pire. 0,4%. C’est la part du sponsoring sportif mondial qui revient au sport féminin. Même pas 1 sponsor sur 200.
Et en France, le quotidien de référence du sport ne fait pas exception. En 2025, moins de 7% des unes de L’Équipe ont été consacrées à des sportives. Exactement 24 sur 364.
“On sait que ça ne va pas faire des ventes astronomiques”
Alors pourquoi ce choix, encore aujourd’hui ? La réponse est venue directement de la bouche de la rédaction.
On sait que la Une choisie avec une femme ne va pas faire des ventes astronomiques.
Jean-Philippe Leclaire, directeur adjoint de L’Équipe, lors d’une audition le 26 novembre 2024.
Une phrase qui a le mérite d’être honnête. Le problème, c’est que ce raisonnement se mord la queue : comment savoir si une Une avec une femme se vend, si on ne la propose quasiment jamais ?
La preuve que c’est un choix, pas un désintérêt
Justement, il existe un moment où quelqu’un a arrêté de se poser la question, et a juste montré.
Entraînement de l’équipe de France de rugby à XV avant la Coupe du monde féminine 2014.
Aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, le sport féminin a représenté 37% du volume horaire des retransmissions, contre 4,5% seulement entre 2018 et 2021 sur le reste de la période. Une explosion, en un seul été.
Et le public ? Il a suivi. Direct. Sans hésiter.
| Événement | Audience |
|---|---|
| ⛷️ Biathlon femmes, JO 2026 | 6,5 millions |
| 🏈 Tournoi Six Nations féminin 2026 | 25,7 millions |
| ⚽ Finale Ligue des Champions féminine 2026 | 17 millions |
Cinq sports différents, une seule conclusion : ça regarde, quand on montre.
Finale du 1500m femmes, Championnats d’Afrique d’athlétisme, qualifications olympiques pour Paris 2024, Douala (Cameroun), juin 2024.
Alors, vrai ou gros mytho ?
Gros mytho, donc. Le sport féminin n’a jamais eu de problème de fans. Il a eu des rédactions qui choisissent quelle Une va se vendre sans jamais vraiment tester l’autre option. Des sponsors qui calculent où va l’argent en se basant sur une visibilité déjà biaisée dès le départ. Des décennies de choix éditoriaux qu’on nous a vendus comme un manque d’intérêt du public.
On n’a jamais eu le choix de regarder ce qu’on ne nous montrait pas.
Envoie cet article à la personne qui te sort encore que personne ne regarde le sport féminin. La prochaine fois, réponds juste : 37% de temps d’antenne pendant les JO, et les audiences ont suivi direct. ( Popcorn prêt 🍿 on attend sa réponse )
On n’a plus besoin de preuves. On a besoin de place. Les Martines est l’endroit où les meufs qui bougent, qui transpirent et qui gagnent ne sont jamais reléguées en bas de page.
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